Des Outils et des Hommes dans la Préhistoire, part M. Michel LENOIR,






Pour cette soirée nous reculerons dans le temps et rejoindrons les époques d’avant l’écriture ou l’archéologue est notre guide. M. LENOIR nous fera bénéficier de sa longue expérience de recherche sur les chantiers de fouilles et nous restituera par l’image l’environnement mobilier quotidien de nos lointains ancêtres.

Les industries lithiques (production d’outils en silex et en pierre) sont un élément majeur pour une approche des sociétés préhistoriques car dans de nombreux cas, elles sont seules conservées dans les sites, le bois n’étant que très rarement préservé dans les gisements paléolithiques et l’industrie en matière dure animale ne l’étant pas systématiquement. Dans les chantiers de fouilles modernes, les préhistoriens recueillent les vestiges archéologiques de la manière la plus exhaustive possible.

Ils peuvent ainsi réunir un maximum d’informations, sur la recherche et la sélection des matières premières, leur mode d’exploitation, les déplacements et les échanges des hommes, les influences culturelles et parfois même les processus d’acculturation. Sont également analysés la répartition spatiale des vestiges, les procédés techniques de production. Sont étudiés aussi les modes d’utilisation à partir de l’examen des traces d‘ utilisation et d’usure dans le cadre des analyses fonctionnelles.

L’archéologie expérimentale vise à retrouver les gestes de ces hommes par, de nos jours, la pratique de taille des roches dures et les essais d’emmanchement ainsi que l’utilisation des objets de pierre. Cette recherche facilite une meilleure compréhension et interprétation des données archéologiques, et ouvre la possibilité de faire des comparaisons ethnographiques. Cette expérimentation, rejouant les gestes des préhistoriques « en direct », nourrit également les actions de médiation à destination de différents publics (scolaire, universitaire, ou tout simplement le grand public). L’outil est porteur de significations culturelles mais quelquefois aussi d’une charge symbolique. Certains outils semblent avoir été réalisés non pour la seule utilisation matérielle, mais d’autres témoignent aussi de motivations spirituelles ou tout simplement de facteurs sociaux.

C’est donc dire l’importance d’un outil pour l’approche de l’individu qui l’a fabriqué et abandonné il y a des millénaires et, qui dans un bloc de matière première siliceuse, a pressenti la potentialité d’obtenir des bords coupants et des pièces, supports d’outils domestiques ou d’armatures pour la chasse.