Affiche de la Cie du MidiDevant une assistance venue nombreuse, environ 120 personnes, la dernière conférence de la saison de la Société d’histoire et d’archéologie de Saint-Emilion s’est tenue dans le cadre remarquable et chaleureux du Château Fombrauge, mis aimablement à disposition par Bernard Magrez . Christophe Bouneau, qui est aussi directeur de la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine, a conduit son auditoire avec brio et humour sur le terrain de l’histoire industrielle, en traitant de l’avènement du tourisme et du chemin de fer dans le Sud-Ouest entre le milieu du XIXe et le milieu du XXe siècle, épopée qui ne peut se dissocier du rôle démiurgique de la Compagnie du Midi. A l’origine les Frères Pereire, hommes d’affaires animateurs d’un véritable empire financier à l’échelle européenne, créent la Compagnie du Midi en 1852, avec un dessein de développement régional basé sur la construction du réseau ferré irriguant les régions actuelles de l’Aquitaine, du Midi Pyrénées et du Languedoc Roussillon. Cette révolution du transport sera le vecteur du développement touristique sous des formes innovantes et touchant de nouvelles couches sociales. A ce titre ils vont être les inventeurs d’Arcachon (d’abord comme ville d’hiver) mais aussi du Pays basque comme entité de villégiature et les promoteurs de l’explosion de la fréquentation de Lourdes comme destination de pèlerinage à partir de 1866. L’infrastructure ferroviaire est sous le Second Empire un exemple d’économie mixte où les fonds publics sont associés aux capitaux privés. Les installations touristiques sont financées par des investisseurs privés et développent des formes anciennes comme le thermalisme ou le climatisme (Pau), mais aussi des innovations : balnéation, villégiature multi saisonnière et fin XIXe, les sports d’hiver. Dans l’entre-deux-guerres, leur successeur Jean Raoul Paul développe les stations des Pyrénées : La Rhune, Superbagnères, Font-Romeu et y construit des centrales électriques qui permettront l’électrification des lignes. Les propos du conférencier ont été illustrés par une remarquable projection d’affiches anciennes vantant les attraits de ces villes touristiques que le rail permettait de rallier, grâce à une véritable politique de développement régional, impulsée par cette Compagnie du Midi.