La puissance du chapitre de Saint-Emilion est à la fois spirituelle et temporelle. Collateur de six paroisses toutes situées dans le Libournais, il est surtout un gros-décimateur. Son revenu net de 30 000 livres à la fin de l’Ancien Régime, le classe au troisième rang dans la hiérarchie capitulaire diocésaine. Il allie le prestige de sa haute antiquité à la notoriété de son doyenné, richement renté, toujours détenu au XVIIe siècle par des prélats. Les dix chanoines du haut-chœur, dont quatre dignitaires, tiennent sous leur coupe une dizaine de prébendés. Les chanoines saint-émilionnais sont des ecclésiastiques dans la force de l’âge, d’origine régionale contrastée. Ils vivent dans une relative aisance, à telle enseigne qu’en 1790 ils paient environ 30 % de la contribution patriotique de l’ancienne juridiction de Saint-Emilion. L’extinction du chapitre en 1790 contribue au déclassement urbain de Saint-Emilion.

L’insigne chapitre de Saint-Emilion, une puissante compagnie ecclésiastique vouée à la louange de Dieu from S.h.a. de Saint-Emilion on Vimeo.